Leica Noctivid : la star de la rentrée

Nous avons eu la chance en avant première de pouvoir tester la toute nouvelle gamme de jumelles Leica, baptisée Noctivid. Nous avons passé sur banc optique les 8×42. Le résultat de ces mesures, avec la note globale est à retrouver dans notre ouvrage « Observer avec des Jumelles », chez Belin.

Le lancement d’une nouvelle gamme chez Leica est tout simplement un évènement car les 3 grandes gammes de la marque étaient gravées dans le marbre depuis le lancement des Geovid en 1992 (chacune de ces gammes a bien entendu connu de nombreuses évolutions depuis).

noctivid

Tout comme la dernière génération des Trinovids, les Noctivids sont dotées d’un système de mise au point non linéaire. Il faut faire 2 tours pour balayer toute la plage de mise au point. En principe, on considère que c’est trop, sauf qu’ici, le 1er tour ne couvre que les 3 premiers mètres environ. Du coup, le système est très efficace et très agréable à utiliser. C’est un très bon point, les fabricants oublient trop souvent de le mettre en avant. Ce genre de mécanique très haut de gamme se retrouve sur les deux grandes rivales des Leica Noctivid : la gamme Victory SF chez Zeiss et EL chez Swarovski.

Ces deux concurrents sont redoutables, et il n’est pas évident pour Leica de tirer son épingle du jeu face à un tel niveau d’excellence. L’enjeu est de taille, Leica joue serré. La gamme EL de Swarovski a régné sans partage par son excellence pendant de longues années. Zeiss a répondu à Swarovski en 2014 avec le sortie de la Victory SF, et la Noctivid est clairement la réponse (très attendue) de Leica.

La marque à la pastille rouge doit impérativement se démarquer, et elle le fait sur un point : la Noctivid est une paire de jumelles très compacte. Ce point n’a pas été la priorité chez Zeiss en raison du système « Ergo-Balance » (centre de gravité vers l’arrière). Par rapport aux Swarovski 8,5×42, les Leica sont 1 cm plus courtes, 8 mm moins larges, et 2 mm moins hautes. Belle performance.

Le centre de gravité est assez centré, alors qu’il est un peu vers l’avant chez Swarovski. Ce paramètre bien dosé offre une remarquable stabilité d’image dans les 8×42 et encore satisfaisante dans les 10×42. Pour l’ergonomie, le pari est donc réussi.

Faire une paire de jumelles courte n’est pas « gratuit ». Cela implique d’avoir des objectifs de plus courte focale, et le chromatisme est plus difficile à contenir, de même que la courbure de champ. Dans la paire de Noctivid  8×42, le chromatisme reste assez discret au centre du champ, perceptible qu’en cas de contraste extrême (noir/blanc). Dans les 10x, il est moins discret, mais reste peu gênant la plupart du temps. Il est plus visible hors axe.

noctivid10x42

L’autre atout mis en avant par Leica est la neutralité des couleurs. Nous avons pu la vérifier, l’argument marketing n’est pas surfait. Du coup, la transmission de lumière annoncée grimpe à « seulement » 93% dans le vert sans atteindre le record de 95% des Zeiss Victory SF. Mais il est vrai que nous avons pu mesurer une neutralité de couleur moins bonne chez Zeiss, et globalement, si on considère tout le spectre, ces deux jumelles ont en moyenne une transmission comparable de 92%. Swarovski est un point en dessous sur sa gamme EL, …. mais avec une neutralité des couleurs encore meilleure, proche de la perfection.

Soulignons enfin le soin particulier apporté aux œilletons, leur mécanisme complexe permet une variété de réglages plus importante que la moyenne aussi bien pour les porteurs de lunettes que pour les autres. Il y a 6 positions en tout !

Nous vous invitons à retrouver les mesures chiffrées dans le livre.

Quoi qu’il en soit, cette Noctivid marque un progrès assez sensible par rapport à la gamme Ultravid.

Les 3 produits les plus hauts de gamme (Noctivid, Victory SF et EL) ont chacun des qualités propres. Dans cette gamme de prix, c’est à l’utilisateur de voir quel aspect privilégier entre l’encombrement, la qualité d’image, ou encore la qualité de la prise en main. Quoi qu’il en soit, ces 3 marques font rêver et pour certains le choix sera plus affectif que rationnel.
Le seul gros défaut est le prix de lancement de 2500€ pour les 8×42, et 2600€ pour les 10×42. Mais il est comparable au prix des concurrentes lors de leur lancement.

13 Comments on “Leica Noctivid : la star de la rentrée

  1. Bonjour,

    j’arrive aux mêmes conclusions après avoir utilisé plusieurs heures sous toutes conditions de luminosité les modèles:Leica Noctivid en 8 et 10 vs Zeiss SF en 8 et Swaro EL 8,5×42 également Ultravid 8x42HD+ et Zeiss 8×42 HT pour comparaison.
    Sur le plan ergonomie ma préférence sans conteste aux Zeiss SF légèreté,équilibre parfait,douceur de focalisation (léger jeu dans la molette),En Optique pure les Noctivid contraste et luminosité en hausse sur la précédente génération mais aberrations chromatiques encore présentes, lourdes et moins maniables que les Zeiss, Swaro en 3: Images plus terne et sombre que les Allemandes,mollette dure,réflexions parasites possibles en conditions difficiles.Les ultravid 8x ne déméritent pas juste un peu moins de transmission que les Zeiss HT qui elles ont cependant de la distorsion et pas Leica sauf aux bords extrêmes.
    Je n’ai pas trouvé extra les Noctivid en 10x :comparées aux 8.
    Je verrai dans votre livre si le modèle que j’utilise s’y trouve? Il appartient aux marques citées.Je souhaitais les remplacer par des Noctivid 8x mais ces dernières ont plus d’aberrations chromatiques que mes anciennes,j’ai donc renoncé.Peut-être les nouvelles SF (noires) seront les prochaines?
    Bien cordialement.

  2. bonjour ce livre m a interesse.
    Au sujet des noctivid….
    d apres le test ,elles semblent distancees d’un point de vue performances optiques pures….?par leurs concurentes haut de gamme et ne semblent pas etre en gros progres par rapport à mes ultravid 10*42 hd de 2013

    dans ces conditions elles coutent bien cher pour un nouvel habillage reussi

    1. Bonjour,
      merci pour votre commentaire, nous avons testé aussi les Ultravid, et il est clair que les Noctivid marquent un net progrès par rapport à ce modèle. Pour faire une comparaison définitive sur le plan optique par rapport à la concurrence, il faut tester les 10x. Ce sera fait prochainement.
      Jean-Luc Dauvergne

      1. bonjour
        je possede une 10 42 hd (de 2013),dans le test ou vous attribuez 33/40 je n’ai pas pu distinguer ,sur la photo ,s il s’agit du hd + ou hd.
        d’un point de vue notation passer de 33 à 35 sur 40 ne represente pas un gros progres et le pique au bord est indigne pour leica repute pour ses optiques?
        sans tests autre que subjectifs ,je suis un fidele pour leica et possede une 10 50 trinovid de 1995 (encore sous garantie )une 10 25 ultravid de 2012et les 10 42 achetees pour raison de poids .Chacune me convient tres bien…
        voulant evaluer par moi meme le test de rendu de couleur ,j’ai retourne ces jumelles et me suis rendu compte que toutes les trois presentent des taches noires de petite taille (genre poussieres)en regardant sur fond de ciel clair.
        merci pour votre reponse et dans l attente d’autres tests sur ce site
        bien cordialement
        Avez vous idee de ce « defaut » invisible en observation normale ?

        1. Bonjour
          ce sont les HD simples que nous avons eu en test.
          Est ce que vous pouvez être plus précise sur les zones noires que vous voyez, ou peut être les photographier. Il peut éventuellement s’agir de l’arrête d’un prisme. Cordialement
          JLuc Dauvergne

  3. Bonjour
    Je reste à votre écoute pour un achat envisagé et pour une utilisation en randonnee pédestre .
    Encore merci
    YC

  4. Bonjour
    Je reste volontiers à l’ecoute
    Et suis à la recherche de jumelles de randonnée pédestre
    J’ ai cru comprendre que le 10×42 serait adapté
    Merci encore
    YC

  5. Leica Noctivid, Swaroski EL ou Zeiss Victory SF pour observation dans contextes de luminosité totalement opposés : lesquelles choisir à votre avis ?
    Le type d’observation concerne la recherche d’itinéraires et/ou d’alpinistes dans de grandes parois rocheuses et la détection de qualité de neige en surface (neige gelée, ventée, cartonnée, poudreuse…) et de traces sur cette dernière (traces d’animaux, de skieur ou d’avalanche, trace de crevasses, de corniches de neige, de plaque à vent…). Ces observations se faisant à n’importe qu’elle heure et météo dans la journée.
    Issu du secteur du bâtiment et travaux publics où nous utilisons dans de rudes conditions des produits Leica, ma préférence vous l’aurez compris va vers la Noctivid mais peut-être à tord.
    Avec une expérience basique de l’observation grâce à des Leica Ultravid 8×20 dans toutes sortes de contexte (travail et loisir) je voudrai passer à l’échelle au-dessus. Le choix 8×42 est-il aussi le bon.

    1. Vue ce que vous décrivez je dirais aussi les Leica car ce sont les plus compacts, surtout si vous restez sur du 8x. Sur les 10x je trouve que le chromatisme est un tout petit peu trop visible.

  6. Bonsoir

    Outre les 3 modèles premium en 10×42 que vous avez testés (swaro EL / Zeiss Victory SF / Leica Noctivid) que pensez-vous des Victory HT de Zeiss (et toujours en 10×42)? Bien que de fabrication plus ancienne selon vos dires, j’imagine que ça reste une option intéressante au moment de faire un choix non?

    Bien cordialement

    1. Bonjour
      Merci pour votre message.
      En Victory HT je n’ai testé que les 8×54. C’est une bonne option si on veut privilégier la transmission. Ca restent les meilleures. Mais les SF font à peine moins bien et on en plus l’applanisseur de champ, donc elles ont ma préférence.
      En 54 mm par contre il n’y a que les HT dans le chaut de gamme donc la question ne se pose pas.
      JLuc

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