Test : les Canon 12×36 IS II

Première approche

Dans le paysage des jumelles, les modèles stabilisés sont des OVNI tant ils sont peu nombreux. Et parmi les fabricants de jumelles Canon est aussi un OVNI car c’est le seul à ne faire que des jumelles stabilisées. La gamme comporte en tout et pour tout 6 modèles. Nous avons testé les Canon 12×36 IS II. Ce modèle a été remplacé mi-2015 par une version III. Les évolutions entre les deux sont subtiles : le design, le poids et la fiche technique sont en tout points identiques ! En fait, Canon a seulement amélioré la qualité de la stabilisation et augmenté la durée de vie des batteries. L’amplitude des corrections reste cependant inchangée : +/- 0,8°.

Pour en avoir le cœur net, allez voir la fiche technique de la Canon 12×36 IS II comparée à celle de la Canon 12×36 IS III.

canon12x36isii

Un produit assez unique en son genre

Cette paire de jumelle n’a qu’un seul concurrent direct, les Fujinon Technostabi 12×32 testées dans notre livre « observer avec des jumelles ». On retrouve aussi ce modèle chez Nikon (il leur est fourni par Fuji).  Pour comparer les deux modèles, référez vous au chapitre test ainsi qu’au chapitre consacré aux jumelles stabilisées. En deux mots, les Fujinon ont une plus grande amplitude de correction angulaire, mais leur diamètre est plus petit, et le prix nettement plus élevé. Il faut noter aussi qu’elles sont étanches, ce n’est pas le cas des Canon. Chez  Canon, seules les 10×42 IS WP   le sont, les 15×50 IS AW et les 18×50 IS AW sont quant-à elles tropicalisées (elles résistent à la pluie mais pas à l’immersion).

 

Le paradoxe des jumelles stabilisées

Après avoir goûté aux jumelles stabilisées, beaucoup d’observateurs ont du mal à revenir en arrière. Et pour cause, le paradoxe de ces outils est que l’image n’est pas dénuée de défauts : un chromatisme léger est visible, et on ne retrouve pas le niveau de peps visuel des jumelles très haut de gamme. Pourtant les jumelles stabilisées permettent une bien meilleure lisibilité des détails. Le grossissement apporte un plus, mais surtout la stabilisation est d’une redoutable efficacité. Les images ne sont jamais parfaitement immobiles, mais les mouvements sont lents. Il faut néanmoins souligner que comme pour les Fujinon; la qualité en bord de champ est nettement supérieure à la moyenne. Elle se rapproche de celle de produits haut de gamme.

Sur le terrain

L’autonomie des piles est bonne, pour un usage épisodique elles tiennent plusieurs mois. Le fabricant indique 4h d’autonomie en utilisation continue à 25° et 9h sur la version III. La stabilisation s’active par pression légère sur un bouton situé sur le dessus de la paire de jumelles. Temps que le doigt reste appuyé, la stabilisation est active. C’est un bon principe, il évite d’avoir la stabilisation activée lorsque la paire de jumelles n’est plus utilisée.

Pour les porteurs de lunette, il faut souligner que le relief d’œil est de 14,5 mm. C’est un peu court. Dans la pratique en rétractant les œilletons il manque quelques millimètres pour arriver à voir le bord du champ. Ce défaut va surtout impacter les astigmates, les autres défauts optiques (à moins qu’ils soient trop forts) peuvent être compensés en ajustant la mise au point et la dioptrie sur l’oculaire droit. Notons que les Fujinon (et les Nikon), ont aussi un relief d’œil assez court de 12 mm et le même problème se pose.
Par ailleurs la mise au point minimale est à 6 m, c’est bien au dessus des standards actuel. Il peut arriver d’être limité à l’affut, mais le fort grossissement fait que ces jumelles excellent surtout pour l’observation des sujets éloignés.

Le reproche souvent fait aux jumelles stabilisées est leur poids, mais avec 660 g ces 12×36 ne sont en fait pas plus lourdes que des 10×42 classiques. A ce titre, elles offrent un excellent compromis dans la gamme des jumelles IS, les 10×30 IS II sont à peine plus légères avec 60 g de moins, par contre les 42 mm et les 50 mm sont nettement plus lourdes : 1110g et 1180g.

La tenue dans le temps

Dernier point : une fois n’est pas coutume, cette paire de 12×36 IS II n’est pas un exemplaire de prêt mais une jumelles personnelle en  notre possession depuis de nombreuses années. A l’usage, il en ressort une qualité de fabrication perfectible. Le revêtement matte s’use en de nombreux points et devient lisse, par ailleurs le gainage des objectifs ne tient pas bien. Les 10×42 étanches sont certainement bien plus robustes.

 

Notre test sur banc optique des Canon 12×36 IS II

Qualité de fabrication :       3/5

Ergonomie :                        4/5

Champ 88 m à 1000 m :     3/5

Qualité d’image au centre : 3/5

Cette valeur peut sembler faible, mais il faut garder à l’esprit que plus le diamètre est petit plus il est difficile d’avoir une résolution élevée. De plus, l’évaluation est calée par rapport à la limite de résolution de l’œil. Plus le grossissement est fort et meilleure doit être la qualité optique pour obtenir une note élevée.

canoncentre

Qualité d’image au bord :        4/5

canonbord
Chromatisme :                           2/5

canonchromatisme
Transmission de 82% à 532 nm : 3/5

Neutralité des couleurs :               3/5

couleurcanon

Gamme de prix : C (500 à 1000€)

Note totale : 25/40*

Conclusion :

Cette paire de jumelles 12×36 IS II Canon est assez unique en son genre, et la note finale obtenue est dans la moyenne sans plus. Elle est à prendre avec des pincettes car on manque de point de comparaison. Notamment des points sont perdus en transmission lumineuse en raison du système de stabilisation, et en résolution du fait du fort grossissement.
Ce qui compte c’est le résultat. Ce produit est très performant et agréable à utiliser. Le confort de vision avec la stabilisation est tout simplement remarquable, et on y prend goût. Mais cette note reflète clairement le niveau de performante optique correct, mais perfectible.
On rêverait de voir un jour ce système de stabilisation employé sur des optiques plus haut de gamme pour gagner sur tous les tableaux. Le gain avec la stabilisation est tel que l’on s’étonne que les grands fabricants ne s’y intéressent pas plus. En tout cas ce produit fait partie de nos coups de cœur.

Pour en savoir plus

*Dans nos tests, les notes s’étalent entre 10/40 et 40/40. On estime que les paires de jumelles à moins de 20/40 sont à éviter. A partir de 25/40 on entre dans le milieu de gamme assez qualitatif. A partir de 30/40 s’ouvre le haut de gamme, et à plus de 35/40 il s’agit de produits d’exception. Pour en savoir plus sur nos critères de notations allez sur la page dédiée.

14 Comments on “Test : les Canon 12×36 IS II

  1. Test intéressant quoiqu’un peu sommaire : rien sur le relief d’œil, les aberrations géométriques et aucune mention de la gamme tarifaire du modèle.Le barème de notation montre ici ses limites en répartissant toutes les optiques en trois pauvres catégories.
    On a aussi l’impression que ces quelques tests diffusés sont des amuse-gueules pour acheter le livre sus mentionné mais s’il n’y a pas plus de détails dans chaque fiche et aucun face à face, l’intérêt d’un achat en librairie n’est pas franchement motivé…

    1. Bonjour
      Le test bien que sommaire, n’a pas été lu en totalité, le relief d’ oeil est mentionné, enfin je dis ça comme ça…

      1. Je viens de l’ajouter, la remarque était juste.
        Après pour le côté sommaire, pour le moment personne n’a jamais fait de tests aussi poussés sur des jumelles 🙂
        JLuc Dauvergne

    2. Bonjour,
      Vous avez tout à fait raison pour le relief d’œil, je viens d’ajouter un paragraphe dessus. La gamme tarifaire est systématiquement indiquée, là il y avait un oubli. Nous ne donnons qu’une fourchette car sur certaines marques, les tarifs bougent trop dans le temps.
      JLuc Dauvergne

    3. J’ajoute que je ne comprends pas ce que vous entendez par « 3 pauvres catégories », il y a un barème de notation très large et il permet de bien souligner les différences de qualité. Nous avons simplement donné des repères dans ce barème sur le niveau de gamme, mais il va de soi qu’une paire ayant reçu une note de 24/40 est meilleure qu’une paire ayant 21/40. La différence est significative, mais le niveau de gamme est voisin. Le but de ce site est d’offrir un complément au livre pour deux raisons. La première c’est que malgré les 288 pages du livre nous n’avons pas eu la place de tout dire. j’ai été très surpris de la richesse du sujet en travaillant dessus pendant plus d’un an avec Guillaume Blanchard. La seconde raison, c’est que l’on souhaite pouvoir rester à jour lorsque des nouveautés sortent. Dans le livre toutes les jumelles sont mises en face à face dans tes tableaux comparatifs explicites. Nous envisageons de mettre en place un système de comparateur sur le site, mais il faut identifier une soltuion technique sous wordpress, si vous avez une idée nous sommes preneurs, ce site est un développement maison, mais nous ne sommes pas des pro du web. Nous ne rentrons pas dans les détails des fiches techniques des fabricants (dimension, luminosité, facteur crépusculaire, etc …), car ces informations sont déjà disponibles partout. Notre but a été de nous concentrer sur les informations que l’on ne trouve pas ailleurs, à savoir quelle est la qualité optique réelle de chaque produit, car quand on hésites entre plusieurs paires de jumelles, la question de fond que l’on se pose c’est bien celle là, et les avis subjectifs que l’on trouve ici et là n’apportent pas vraiment une réponse. Le but secondaire de ce site est effectivement de donner envie aux lecteurs d’aller plus loin et d’acheter le livre. Néanmoins les contenus mis en ligne ici sont gratuits et vous êtes totalement libre de repartir comme vous êtes venu . Notre démarche est de vouloir inscrire ce travail dans la durée, et donc on espère que le livre trouvera ses lecteurs pour un jour pouvoir le rééditer et l’enrichir. Faire vivre le projet en somme. Je ne sais pas si vous connaissez un peu le monde de l’édition, mais sachez que l’on ne fait pas un livre pour ce que ça rapporte. Nous avons travaillé énormément pour mettre ce projet sur pied, nous avons investi beaucoup de moyens personnels pour mettre en place des bancs optiques (c’est très coûteux) ; de plus, pour enquêter sur la fabrication des jumelles, nous sommes notamment allés en Allemagne, en Autriche et en Tchéquie. Autant dire que l’on a investi bien plus que ce que ce projet rapportera en modestes droits d’auteur. Ce qui nous anime c’est la passion pour l’optique (entre autres passions), et surtout l’envie de combler le vide béant qui existait jusqu’ici sur la qualité des produits dans le domaine des jumelles. Bonne journée JLuc Dauvergne

  2. Merci pour la longue réponse et les explications ainsi que la correction des oublis, ça arrive…
    J’ai également fait une erreur en lisant la page d’explication sur la notation, j’avais cru y voir seulement trois catégories.de prix et non cinq… Comme quoi on peut dire des bêtises en étant très sûr de soi !.
    Heureux d’apprendre aussi que le livre propose des formes de face à faces, surtout s’il sont le fruit d’observations et non seulement de critères notations.
    Je ne doute pas que ce travail soit le fruit d’une passion sans contrepartie financière de publication (étant donnée l’état économique de l’édition 🙁 ). Quant aux compétences des auteurs, aucun doute non plus à ce sujet et l’ouvrage, dans son ambition d’ exhaustivité et de détails, pourra compenser les errances.laconiques de certains tests de jumelles parus sur C&E…
    Je regrette cependant l’absence de retranscription des mesures précises de la reproduction du spectre comme le fait Allbinos pour de nombreux modèles passés sur leur banc. Le taux de transmission dans le bleu est souvent parlant !

    1. Vous parlez de quels tests dans C&E ? J’en ai fait il y a quelques années, et il y avait passage sur banc optique + appréciation d’un panel d’utilisateurs + mon expertise.
      Pour la courbe de spectre nous n’avons pas les moyens de la faire, mais on en a une bonne idée déjà avec la mesures des dominantes de couleur. Cet aspect de transmission souvent plus faible dans le bleu est bien pris en compte dans notre notation. Je ne sais pas comment fait Allbinos mais je peux affirmer que leurs mesures sont au moins en partie fausses.

  3. Je pensais précisément à ce test :http://dt.cieletespace.fr/files/InstrumentTest/201307_jumelles_75euros.pdf qui n’est pas très cohérent dans l’étagement des modèles et dont le « panel d’utilisateurs » m’a laissé un peu sur ma faim… Rien à voir avec ces derniers tests bien plus sérieux, je trouve.
    Pour les mesures Allbinos, n’étant pas ingénieur en optique, je ne peux dire s’ils sont valides ou non. Je constate juste qu’ils donnent la courbe de mesure sur tout le spectre, ce qui me semble intéressant.et souvent concordant à ce que je peux observer à l’oculaire (à moins que ce soit purement subjectif car le bans optique est bien plus discriminant que l’œil 🙂 ) Ne vous est-il pas possible de donner les 4 valeurs avec la mesure dans le vert pour pondérer ?

    1. Là je suis un peu interloqué. Ces nouveaux tests sont fait dans le prolongement de ceux de C&E en terme de démarche.
      Je ne comprends pas la remarque sur l’étagement du test de Ciel et Espace, il était publié en 2 fois, il y a eu un autre article sur les modèles haut de gamme, 14 modèles en tout avec un peu tous les prix entre 75 et 2500€.
      Quant-au panel de testeurs ce sont des gens bénévoles qui ont bien joué le jeu. Leur appréciation a été minorée dans la note finale. J’avais eu des remarques sur les tests de C&E que c’est dommage qu’il n’y ait pas l’avis des « gens ». Comme quoi quoi que l’on fasse il est toujours possible de critiquer. Autant certains critiques étaient constructives et je vous en remercie, autant là je trouve celle-ci quelque peu injuste.
      Je pense que vous ne vous représentez pas très bien de l’investissement en temps que peuvent demander ce genre de test pour se procurer le matériel, le tester, dépouiller les donner, les mettre en forme et présenter le résultat.

  4. Je ne comprends pas comment on peut glisser un seul modèle de jumelles avec des prismes en toit (les Petrel en l »occurrence) au milieu d’un comparatif ne présentant que des Porro. C’est comme s’il n’y avait pas d’autres 10×50 en vente à moins de 1000€ avec des prismes en toit, en 2013, une époque où cette construction optique est devenue dominante !
    La présence des Fujinon IF au milieu d’un panel de Porro d’entrée de gamme montre également une jolie incohérence : pas du tout la même gamme pour le même usage.
    Le test est loin d’être exhaustif, contrairement à ce qu’on pourrait croire à sa lecture et on ne sait pas pourquoi il a été arrêté sur ce choix de modèles. J’imagine qu’il est difficile et bien fastidieux de faire encore plus, mais il faudrait indiqué pourquoi ces choix de modèles et pas d’autres (ou que d’autres existent…)
    Dans le test des modèles « haut de gamme », on voit des Kite et des Zeiss (moyen de gamme, les Ibis et les Conquest) comparées à des Swarovision. POurquoi aucune jumelles Leica, Nikon, Kowa, Meopta ? Si on passe en revue les jumelles du marché, cette lacune est incompréhensible ou fait très « amateur ».

    L’utilisateur lambda note aussi, mais on ne sait pas quoi, ni comment. J’ai croisé deux vendeurs d’occasion il y a peu : le premier ne s’apercevait pas d’une légère décollimation de l’optique qu’il vendait, le second ne voyait pas du tout la colorimétrie un peu jaunâtre d’un vieux modèle de jumelles russes. Les deux étaient sincères. Faire participer les gens, c’est une idée « sympa » mais l’argument « démocratique », dans une revue spécialisée, tombe quand il s’agit de justifier la validité des notes. Quand on écrit dans une revue qui a des lecteurs donc des acheteurs potentiels je reste un peu circonspect devant le caractère très parcellaire de ce test.

  5. C’est une bonne question, et je peux y répondre sans difficulté. Il n’y avait pas de Leica dans ce test car à l’époque je n’ai pas réussi à me faire mettre à disposition du matériel Leica et ce n’est pas faute d’avoir essayé. C’était mon grand regret dans ce test. Depuis c’est corrigé avec le livre toutes les gammes Leica sont testées sauf les Geovid que l’on a seulement pris en main.
    Il n’y a pas temps que ça de jumelles de 50 qui soient en prisme en toit et certains modèles existant sont sortis après ce test comme les Nikon Prostaf 5.
    Chez Kowa je pense que c’est la même chose sinon Medas m’en aurait certainement mis à disposition. Quand à Meopta ce n’est pas une marque que l’on trouve dans le monde de l’astronomie, elle n’est distribuée que par des armuriers. Pour le livre nous avons eu beaucoup de difficulté à nous les procurer.
    Il a également été nécessaire de faire des choix de modèles en amont après discussion avec des importateurs et des revendeurs. Dans certaines marques il y a trop de modèles, on a passé les plus intéressants et représentatifs.
    Je ne partage pas du tout votre appréciation sur le panel de testeur. Je lui ai d’ailleurs accordé une pondération d’un facteur 2 dans la note finale. Il va sans dire que si leur appréciation n’avait pas été de bonne qualité je n’aurais pas fait ça. Et ça ne reste que 1 critère parmi 10. C’était très intéressant leur ressenti, il montre l’appréciation que peut faire monsieur tout le monde sur un point comme l’ergonomie.
    « On ne sait pas quoi ni comment », ça il suffit de demander, je peux vous le dire, je leur avait donné une grille d’évaluation pour attirer sur attention sur plusieurs critères (qualité optique, qualité de prise en main, etc). Ils étaient 12 ça permet de moyenner les résultats. De plus il s’agit d’astronomes amateurs, ils ont quelques notion d’optique.
    Bref, il ne faut pas croire que les choses sont laissées au hasard, ça n’a jamais été ma démarche à Ciel et Espace. Avant que je lance des tests avec de la métrologie sur le matériel d’observation personne n’en faisait dans les magazines. Depuis on voit que les habitudes changent, et c’est tant mieux. Les tests de jumelles ont été fait avec la même démarche de sérieux et de qualité.
    Accessoirement pour tester les jumelles il a fallut inventer des méthodes de test et rien que ça, ça prend un temps fou.

  6. Merci pour ces explications, elles permettent de nuancer les impressions. J’imagine bien que cela vous a demandé un travail important, pour la conception comme pour l’édition et je sais que les revues indépendantes (quand elles le sont) méritent qu’on les soutienne.
    Je peux paraitre sévère, mais si c’était un test MEDAS, il n’aurait pas été inutile de le signaler….
    Enfin, si on lit les débuts de l’article, on repère cette mention : « Pour y voir plus clair, nous avons entrepris un
    grand test réunissant la majorité des modèles disponibles sur le marché ». Nos débats ci-dessus auront au moins montré que l’affirmation demandrait à être vraiment nuancée, surtout du fait de l’absence quasi totale de jumelles en toit de milieu de gamme.
    Je m’arrêterai là afin de ne pas polluer davantage l’article ci-dessus par des considérations qui dépassent de loin le sujet des Canon IS et n’intéresseront que bien peu de monde.

    P.S. : c’est vrai que Meopta est peu distribué en France et surtout dans le réseau des armureries. Mais ce n’est pas le cas du tout en Allemagne puisque TS comme APM proposent quasiment toute leur gamme de jumelles, de longue-vues et d’oculaires…
    P.P.S. : en 2013, Allbinos proposait déjà gratuitement des tests en ligne avec une méthodologie identique pour chaque modèle. Dites-moi par mail ce que vous reprocher à leur méthode, ça m’intéresse !

  7. Medas est un interlocuteur parmi de nombreux autres, il a juste fourni 2 marques. J’ai évoqué Medas parce que vous avez évoqué Kowa et que Medas et l’interlocuteur sur Kowa en France, … Dans le test il y a surtout des marques qui ne dépendent pas de Medas : Bushnell, Kite, Zeiss, Nikon, Barska, Bresser, Fujinon, Swarovski, … Donc votre remarque sur Medas n’est pas sévère, elle est juste déplacée. D’autant que mes interlocuteurs sur ce test là sont clairement identifiés dans les remerciements.
    Et en 10×50, la majorité des produits que l’on trouvait en 2013 dans le circuit de distribution astro était bel et bien présent dans ce test. Avant de faire un test de ce type, la première étape consiste à faire un inventaire de ce qui existe.
    C’est vous qui avez parlé de Allbinos, je constate simplement qu’avec un moyen de métrologie qualitatif professionnel nous ne trouvons pas du tout les mêmes transmission qu’eux. Il y a donc quelque chose qui cloche. C’est le cas sur les Meopta Meostar B1 par exemple et les Fujinon 10×50 qu’ils trouvent à 95% ! (???). Je m’intérroge vraiment sur la façon. Ils expliquent eux même leur méthode et elle me laisse coi : http://www.allbinos.com/2.1-article-How_do_we_test_binoculars_.html
    Accessoirement ils annoncent 3 à 5 % de précision. Je confirme qu’il y a des erreurs de 5 points dans leurs résultats et c’est beaucoup.
    Je vois que la distorsion est estimée à l’œil. Et je ne suis pas sûr qu’ils tiennent compte du fait qu’il faut avoir de la distorsion dans des jumelles. La neutralité des couleurs est aussi estimée à l’oeil, en regardant directement dedans, sans référence dans le champ de vision donc.
    D’ailleurs cette transmission n’est pas toujours donnée, pour faire des comparatifs c’est gênant. Et aussi pour avoir un barème de notation équitable entre les jumelles testées sur ce critère et celle qui ne l’ont pas été. Le fait d’avoir des prismes en BaK4 est avancé comme une qualité, alors que c’est un peu, … beaucoup plus compliqué que ça, … Et je ne sais pas comment ils peuvent tester ça. Le déclaratif des fabricants est parfois faux car le BaK4 est un verre Schott et il est parfois utilisé sur les jumelles faites en Chine comme argument commercial. D’autres notions sont mal maîtrisées mais je ne vais pas rentrer plus dans le détail pour ne pas faire trop long.
    Les tests lens-tip sur les objectifs sont plus fiables et rigoureux que ça j’ai l’impression.

  8. Je n’avais pas lu les remerciements et votre précédent message laissait penser que les modèles testés avaient été mis à disposition par MEDAS. C’est vrai aussi qu’en 10×50, les modèles en toit sont moins nombreux qu’en 10×42 mais il en manque (Minox, Hawke, Vortex, Bushnell … en proposaient en 2013).

    J’avais aussi remarqué des valeurs de transmission impressionnantes sur Allbinos, même si leurs conclusions corroborent souvent mes impressions d’observateur. L’évaluation du champ est parfois aussi étrange quand il y a erreur de 0,5° dans les caractéristiques et des jumelles avec un faible champ auront une meilleure note que d’autres qui en ont bien plus (avec une correction plutôt bien maîtrisée)…Rien n’est parfait quand on commence à noter.
    Pour les verres, ce sera toujours le même problème puisque qu’on ne sait pas lesquels sont employés dans les jumelles/longue-vues (c’est souvent un peu plus clair sur les lulu astro ) , la dénomination changeant selon Schott ou Ohara, l’indication ED devient par là-même suspecte ou incomplète s’il n’est pas adossé à un indice de réfraction précis.
    Cela rend votre travail de mesure d’autant plus utile !

    J’attends votre ouvrage pour Noël qui saura, j’en suis sûr, corriger les doutes que j’ai pu avoir à la lecture du test de C&E. Rien que les tableaux de la répartition des marques, postés ici-même, laissent présager d’un ouvrage documenté et fiable !
    Et merci pour vos éclaircissements.

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